Jun 27 2015

Ça devait être de l’amour Chapitre 2 (Partie 2)

Grâce à mon amie, Antlay, pour traduire de l’anglais vers le français! ❤❤❤

-Ms Puddle

Chapitre 2 : Des doutes (Partie 2)

Je n’avais pas entendu sa réponse et je trouvais que cela n’avait aucune importance. Je voulais juste rentrer à la maison et me cacher de tout le monde, y compris d’Albert. Comme je me précipitais vers le bas des escaliers, il appelait mon nom mais je l’ignorais car je n’étais pas encore prête à lui faire face. Je savais que j’avais d’abord besoin de temps afin de comprendre mes sentiments pour lui. Comme je pouvais entendre derrière moi ses pas me rattraper, j’essayais d’aller plus vite, mais il posa une main fermement sur mon coude pour m’arrêter quand j’atteignais le palier.

Puis il me tourna doucement et ses yeux s’agrandirent d’incrédulité quand il vit les larmes couler sur mon visage. Pourrait-il dire que ces larmes étaient le résultat de ma frustration refoulée.

Il continua à me regarder une minute ou deux, avec des yeux inquiets cherchant les miens. Ensuite il retira un mouchoir de sa poche et me le tendit. “Vous pourriez en avoir besoin, Candy”

Je le remerciais d’un léger sourire tout en essuyant mes larmes. A ce moment précis, comme j’aurais aimé pouvoir me jeter sur lui et pleurer dans ses bras comme je l’avais fait à plusieurs reprises par le passé, mais les paroles de la Grande Tante résonnaient à mes oreilles, il a réalisé maintenant ses actions insensées…il a dit à tout le monde que vous étiez sa fille adoptive…

Ensuite sa voix douce me sortit de ma stupeur. Il me demandait gentiment, “S’il vous plaît, donnez moi le privilège de vous ramener à la maison.”

Je m’engageais à lui refuser si je tenais à ma raison. Je ne savais pas combien de temps je pourrais continuer à réprimer mes émotions et pourtant je ne pouvais pas me résoudre à lui dire non. En un rien de temps j’acceptais en hochant ma tête.

Le couloir animé était soudainement silencieux quand nous passions devant les serviteurs surpris qui étaient occupés à nettoyer la salle de bal après la grande réception. Immédiatement ils se reculaient un peu pour nous faire de la place, mais en même temps ils ne pouvaient pas s’empêcher de nous lancer des regards curieux à notre passage. Peut-être que mes yeux semblaient gonflés par mes pleurs.

Sur le chemin du retour, nous étions tous les deux silencieux. Pendant qu’Albert était concentré sur la conduite, je commençais à me souvenir de mon passé tout en regardant par la fenêtre. Depuis que je l’avais rencontré près de la cascade, il avait toujours été là pour me donner un coup de main ou une épaule sur laquelle pleurer. Comme un tuteur derrière la scène, il avait respecté et m’avait soutenue dans toutes les décisions que j’avais prises depuis l’adoption, même après avoir quitté le collège Saint-Paul, déterminée à poursuivre à la place une carrière d’infirmière. Mais maintenant après la rencontre avec la Grande Tante, ça m’ouvrait les yeux de voir que je le connaissais à peine, en particulier son autre facette de lui connu comme étant Sir William qui était entouré de mystère. Je croyais que je connaissais très bien Albert, mais maintenant je commencais moi-même à me poser des questions

A ce moment là, inconsciemment je lui volais un regard du coin de l’oeil. C’était la première fois que je le voyais conduire une voiture élégante qui avait l’air pratiquement neuve et je ne savais même pas combien de voitures de luxe sa famille avait. Même Neil et Archie conduisaient leurs propres voitures. En considérant toutes les entreprises et les propriétés des Ardlay partout, je devais péniblement admettre qu’Albert et moi étions de deux mondes différents et d’être sa fille adoptive ne comblait pas l’écart de nos statuts malheureusement.

Si vous l’aimez, laisser le partir. La voix de la Grande Tante résonnait dans mes oreilles à nouveau. Peut-être qu’elle avait raison. Je devrais souhaiter rien d’autre que le meilleur pour Sir William, dont la future épouse devrait être une vraie dame bien née et élevée dans une famille reconnue digne de position sociale.

“Candy, allez-vous bien ?” Sa question me ramena à la réalité et seulement alors, je réalisais qu’il avait déjà garé et arrêté la voiture près de la clinique joyeuse. Je me retournais en lui souriant légèrement, en demandant, “Pourquoi vous êtes-vous arrêté ici ?”

“Je dois dire que vous étiez tellement absorbée dans vos pensées tout à l’heure, que vous m’avez même pas entendu du tout,” il retorquait gentiment avec un sourire plutôt ironique.

Je regardais en boudant mes genoux. Il plaidait l’air inquiet, “Candy, ma tante doit avoir dit quelque chose qui vous dérange. S’il vous plaît soyez honnête avec moi.”

Je secouais ma tête lentement, détournant mes yeux de son regard. Je n’étais pas prête à donner à Albert les détails de ma conversation avec elle. En fait c’était douleureux de se rappeler ce qui s’était passé dans cette pièce. D’ailleurs, comment pourrais-je lui dire qu’il était la principale raison pour laquelle j’étais déprimée ?

Il soupira profondément et haussa les épaules en signe de résignation. Puis comme il faisait le tour pour m’ouvrir la portière, il faisait remarquer, “Je me suis garé ici parce que je veux marcher avec vous. Cela fait un long moment et ce quartier me manque.”

Un long moment en effet…Tu m’as quittée une nuit de neige et maintenant les bourgeons sont en fleurs..

Le soir commençait déjà à tomber et nous marchions silencieusement, ses doigts touchant à peine mon bras dans un geste protecteur.

Alors que nous montions les escaliers de l’immeuble, Albert prit la parole, “Candy, malheureusement je ne peux pas rester longtemps car je dois retourner au manoir.”Je hochais simplement la tête sans rien dire. Après m’avoir regardée rapidement, il disait “Je pensais que vous me demanderiez pourquoi.”

“D’accord. Pourquoi ?” je demandais sèchement.

Un regard perplexe se vit dans ses yeux pendant un moment avant qu’il m’en donne la raison, “Lors de la réception aujourd’hui, ma tante m’a présenté à un de ses partenaires d’affaires de longue date, M. Jacobson. Il nous a invités pour le dîner dans sa maison ce soir pour rencontrer ses enfants, qui ont tous étudié à Londres. En fait, je pensais vous inviter vous et Archie à venir avec moi parce que j’ai appris que son fils cadet venait juste de terminer ses études secondaires et qu’il avait aussi étudié au Collège Royal de Saint Paul avant.

Une pensée sombre surgit dans mon esprit, alors Albert voulait probablement me présenter à ce jeune homme comme étant sa fille. Vraiment, à quoi je m’attendais ? M. Jacobson était à la fête de fiançailles et il savait qui j’étais…Attendez une minute ! Est-ce qu’Albert également envisage de me marier aussi ?

Me sentant encore plus déprimée, je réalisais que nous étions déjà arrivés devant ma porte, alors je lui disais, “Merci de m’avoir ramenée à la maison. Vous pouvez y aller maintenant.”

Avec une expression stupéfaite, il demanda, “N’allez-vous pas me laisser entrer, Candy ?”

Alors que j’insérais la clé dans la serrure de la porte, je trouvais une excuse, “Je suis fatiguée. Cela a été une longue journée pour moi. De plus, n’êtes-vous pas censé rentrer à la maison maintenant ?”

“J’ai encore le temps, mais bien sûr, si je ne suis pas le bienvenu, alors-”

Je l’interrompis rapidement tout en secouant la tête d’un air maussade, “Non, Albert ! S’il vous plaît ne dites pas ça !”

Après m’avoir observée pensivement pendant quelques secondes, il demanda d’une voix attristée, “Candy, pourquoi me caches-tu des choses ?”

Je perdais finalement le contrôle à ce moment et je m’écriais d’une voix angoissée, “Oui ! Mais vous aussi !”

Il me regarda avec de grands yeux incrédules alors que je reculais tout en inspirant fortement, giflant d’une main ma bouche “Désolée…je suis tellement désolée, Albert !”

L’instant suivant, je poussais la porte et je me précipitais à l’intérieur, me jetant sur une chaise près de la table à manger. Je ne sais pas vraiment ce qui m’était arrivé et je n’arrivais pas à décrire les émotions fortes qui agitaient en ce moment mon esprit. Etait-ce l’anéantissement d’espoir qui avait abouti après la rencontre avec la Grande Tante Elroy ? Ou était-ce la frustration d’essayer d’adapter ma relation avec Albert ? Qui était-il pour moi maintenant ? Je me sentais tellement confuse, le coeur brisé et mon esprit était accablé.

A ce moment là, je ne pouvais pas me retenir plus longtemps, alors je m’effondrai cachant mon visage dans mes mains et sanglotant fortement. Il entra en silence et alluma les lumières. J’entendais la porte se fermer et il se dirigeait directement vers la cuisine pour nous servir à boire. Ensuite, il posa un verre sur la table de la salle à manger et s’assit sur une autre chaise. En attendant que je me calme, je l’entendais boire son verre et le poser sur la table.

Après ce qui me semblait avoir été un long moment, mes pleurs diminuaient progressivement et il me passait gentiment le verre d’eau en me disant d’une voix apaisante, “Candy, vous avez raison. Je suis désolé de ne pas être tout à fait honnête avec vous…”

Je le regarde stupefaite. Va-t-il m’informer de ce que la Grande Tante Elroy a essayé de faire pour me convaincre cette après-midi ?

Il me regardait avec un doux regard et continuait, “Tante Elroy avait raison, je suis censé vous recevoir dans ma-”

Je l’interrompais impétueusement “Je ne veux pas entendre ça.”

Il semblait un peu découragé et parlait d’une voix lasse, “Candy, j’ai dû mal à vous dire ceci moi-même, aussi s’il vous plaît pourriez-vous me laisser finir ?”

Je me mordais la lèvre inférieure et je me disais que tôt au tard, je devrais faire face à la dure réalité, alors je cédais à sa requête. Je disais à voix basse, “Très bien, s’il vous plaît continuez”

Il commençait, “Candy, vous avez probablement vu que je n’étais pas vraiment d’accord tout à l’heure avec Tante Elroy quant à sa demande concernant votre emménagement. Ma principale préoccupation est…”

Il s’arrêta pour m’observer pendant quelques secondes avant de soupirer longuement. Ensuite il se leva tranquillement de sa chaise et se mit à arpenter l’agréable mais misérable séjour. Ensuite il s’arrêta près de la fenêtre pour regarder l’extérieur à travers la vitre quand il reprit la parole me tournant le dos, “Rappelez-vous j’ai dit que je pensais vous inviter à venir dîner avec moi ce soir ?”

“Oui” je lui répondis en m’efforçant de rester calme, bien que mon pouls commençait à s’emballer et que je m’inquiètais à propos de ce qu’il allait me dire.

Sans trop bouger, il continuait à regarder à l’extérieur, murmurant, “Mais ensuite j’ai abandonné cette idée quand la réalité m’a frappé…vous ne voulez probablement pas que votre vie prenne cette voie.”

“Que voulez-vous dire ?” J’étais assez inquiète d’entendre cela, alors je me levais et je m’approchais de lui lentement.

Il se tourna vers moi et m’expliquait avec de façon directe, son regard inébranlable et ses mains au fond de ses poches. “Une fois que vous vous impliquez avec Sir William, vous n’êtes plus en mesure de profiter de votre liberté autant qu’avant. Vous devrez peut-être même renoncer à ce que vous voulez faire dans votre vie, aux prises avec les valeurs et les traditions familiales d’autrefois parce que je ne peux même pas changer cela. Alors que je n’ai pas d’autre choix dans ma vie étant né dans cette famille, je n’ai pas le droit de vous forcer à porter ce fardeau.” [2]

“Albert…” Profondément émue, je ne savais pas quoi dire d’autre à cet instant et je restais debout là où j’étais. Qu’il ait des sentiments pour moi ou non, ce qu’il avait dit montré qu’il se souciait toujours beaucoup de mon bien-être. Me connaissant mieux que quiconque, Albert pouvait percevoir que je ne serais pas satisfaite de vivre comme une femme typique de la classe supérieure, qui aurait une éducation allégée dans une école prestigieuse et d’énormes indemnités à dépenser dans les magasins et dans les fêtes, susceptible de se marier à un âge précoce à un riche gentilhomme de la même classe.

Puis je lui disais d’un ton triste, le regardant à nouveau, “franchement, je tenais les choses pour acquises et je n’ai jamais pensé à tout cela…”

Je m’arrêtais quand je me souvenais des paroles de la Grande Tante. Même si elle ne l’avait pas explicitement mentionné, je pensais qu’elle voulait que je quitte mon emploi actuel rapidement parce que je savais combien elle détestait l’idée que je travaille comme infirmière et que je m’assume financièrement.

Fixant ses yeux sur moi, il continuait en soupirant à nouveau, “J’ai décidé de vous adopter il y a quelques années parce que je voulais vous donner une vie meilleure, pas une vie qui vous piège.”

Mais n’était il pas comme l’Oncle William, qui avait soutenu ma decision de travailler avant ? Avait-il changé sa façon de voir les choses ? Me disait-il que maintenant que j’étais une Ardlay signifiait que je devais abandonner ma carrière et peut-être mes autres occupations dans la vie ?

Avec ces pensées troublantes à l’esprit, quelques oiseaux s’envolaient de la fenêtre. Alors Albert poussait les larges fenêtres et regardait le ciel du soir, en disant d’un air songeur, “Bien que je voudrais échapper à ce genre de vie, je ne peux pas le faire parce que j’ai d’énormes responsabilités sur mes épaules étant le seul descendant mâle.”

Je me suis souvenue qu’il parlait essentiellement de cela quand nous étions assis dans l’arbre près du lac donc peut-être avait-il prévu de me dire cela à ce moment là. A cet instant, il se tourna vers moi et me dit d’un ton résigné, “Candy, dans un sens je ne suis plus le même homme insouciant que vous connaissiez désormais.”

Alors qu’il laissait ces mots étonnants être assimilés, il y avait un silence lourd et de la tension dans l’air pendant que nous continuions à nous regarder l’un et l’autre tout en gardant une certaine distance entre nous. Quand j’essayais d’analyser ses propos concernant le fait qu’il soit différent, la façon dont il m’avait sauvé des fiançailles avec Neil plus tôt dans la journée, me revenait à l’esprit maintenant. Je me rappelais combien il pouvait être différent quand il devait agir comme le patriarche autoritaire de la famille et je réalisais à quel point je connaissais tellement peu son monde. Cependant, quand il était seul assis avec moi dans l’arbre, n’était-il pas tout simplement le même homme que j’avais connu pendant des années ? Qu’en était-il du temps que nous avions passé ensemble près de la cabane dans les bois ? Il était si joyeux, familier et détendu, comme d’habitude.

Rapidement, je comprenais ce qu’il voulait dire. “Albert, dites vous que vous n’êtes plus le vagabond sans sou, l’esprit libre qui aimait voyager et aimait être avec les animaux ?”

Il affirmait en soupirant, “Oui, il est temps pour moi d’assumer mon rôle dans la famille.”

Bien que j’essayais d’accepter tout cela, il me demandait gentiment, “Candy, êtes-vous en colère parce que j’ai gardé ma véritable identité en secret tout ce temps Si oui, s’il vous plaît pardonnez-moi”

Je secouais la tête sans rien dire. Ce n’était pas ce qui me dérangeait en ce moment. Après quelques instants de silence, il dit, avec des yeux bleus saisissants remplis d’inquiétude, “Je connais très bien ma tante. Je suis désolé de dire qu’elle est en fait une personne calculatrice, donc elle devait avoir une raison pour vous rencontrer seule aujourd’hui.”

Pendant que je gardais le silence, il prit une courte pause avant de me demander d’une voix douce, “Je parie qu’elle vous a fait passer un mauvais moment, Candy. Quand je suis entré dans cette pièce, vous étiez très pâle. Ma tante vous a t-elle fait encore quelque chose contre votre gré ?”

‘Pas vraiment,” fut ma brève réponse. Ensuite, je baissais les yeux de regret et je murmurais, “Albert, je suis désolé d’avoir perdu mon sang froid tout à l’heure.”

Il resta muet pendant un moment. Quand je lui lançais un regard brievement, il me regardait perplexe, sachant que j’avais évité la question. Comme ce n’était pas le bon moment pour moi de parler de sa tante maintenant, j’étais soulagée quand il prit enfin la parole, “Ne vous inquiétez pas, Candy. C’est aussi de ma faute. J’aurais dû m’ouvrir à vous plus tôt.”

Levant mes yeux à la rencontre des siens, je me forçais à sourire, “Albert, j’apprécie vraiment que vous soyez honnête avec moi…”

Ma voix s’estompait quand soudain je compris son message subtil. Il me disait probablement de l’oublier car il n’était plus la même personne. Mais je réprimais cette pensée décourageante pour l’instant et je changeais de sujet à nouveau, “En fait, j’ai oublié de vous remercier de vous être occupé de l’engagement forçé pour moi cette après-midi.”

“Il n’y a pas de quoi, Candy.” Puis prenant un air sérieux il dit, “En fait, je devrais m’excuser au nom de ma tante. A partir de maintenant je crois qu’elle ne vous opprimera plus à nouveau parce que je ne vais pas la laisser faire.”

D’accord, elle ne m’opprimait pas, mais ce qu’elle m’avait fait cet après-midi n’en était pas loin…

Pourtant, j’étais très touchée par ses mots. A voix haute souriant légèrement je prononçais, “J’espère.”

Puis il regarda sa montre et murmura : “Il se fait tard…”

Cependant, au lieu de partir, avec une expression nostalgique sur son visage, il commença à laisser son regard mélancolique errer dans le salon jusqu’à qu’il soit attiré par un portrait épinglé sur le mur. Il s’avança vers cette image et peu à peu son visage se détendit, souriant en regardant la représentation qui avait attirée son attention. Je ne pouvais pas cesser de me sentir honteuse parce que c’était mon dessin enfantin de son portrait.

Aussitôt il ricana , “J’aime ce gars, même s’il n’est pas beau.”

Me tenant debout maintenant près de lui, je rétorquais doucement, mon humeur aussi en quelque sorte allégée, “Qui a dit qu’il n’était pas beau ? Bien sûr, il est.”

Il se tourna, surpris ses yeux brillants de bonheur.

Puis j’ajoutais, “Eh bien, ses yeux sont comme les votres aussi, une belle nuance de bleu.”

“Le sont-ils ?” demandait-il jubilant. “Candy puis-je prendre cette photo avec moi ?” demanda-t-il poliment.

Impossible d’en croire mes oreilles, je m’opposais, “Oh s’il vous plaît ne le faites pas. C’est le seul portrait que j’ai jamais dessiné.”

Il répondait enjoué, “C’est précisément pour cette raison. Je veux le garder parce que vous l’avez dessiné.”

“Comment savez-vous ?” Honnêtement j’étais stupéfaite, m’efforcant de ne pas montrer mon embarras croissant.

Avec un sourire sur son visage, Albert répondait en pointant du doigt sa tête, “Mon instinct me l’a dit.”

“Non, vous ne pouvez pas être sérieux de vouloir mon dessin !” Je disais en secouant ma tête. “Quoi qu’il en soit, permettez-moi de vous en montrer un bien meilleur. Attendez juste une minute ici !

Alors, je me précipitais dans ma chambre et je revenais avec le dessin du Docteur Martin dans ma main. Quand je lui montrais, il était perplexe et me regarda une minute ou deux.

“Est-ce que c’est moi aussi ?” il demanda dubitatif avant de regarder à nouveau le portrait dans sa main, son expression était un mélange de timidité et d’incrédulité.

“Oui”, je répondis embarrassée et à voix basse. Donc il savait que j’avais essayé de le dessiner. Je me demandais aussi s’il pouvait comprendre pourquoi je l’avais fait.

A cet instant, étonnement, il me rendit le portrait et me dit en souriant, “Je veux toujours le votre à la place, Candy, mais seulement si cela ne vous dérange pas que je le prenne.”

Je ne savais pas pourquoi il voulait mon dessin enfantin. Encore perplexe et ravie, je réussissais à demander, “Etes-vous sûr ?”

Il répondit, ravi, “Absolument ! Vous gardez ce dessin pendant que je garde le votre.”

Pudiquement je cédais. “D’accord. Comme vous voulez.”

Quand il retira mon image du mur, il me demanda en passant à propos du portrait que j’avais dans ma main, “Par ailleurs, qui a dessiné celui-ci ?”

“C’est le Docteur Martin.” Alors je lui disais brièvement ce qui s’était passé sans lui donner les détails sur la raison pour laquelle j’avais fait le mien.

“Vraiment ? Je ne savais que le Docteur Martin savait dessiner !” s’exclama-t-il de surprise alors que j’acquesçiais en disant, “Moi non plus. Son dessin était tellement meilleur que je l’ai utilisé pour vous rechercher.”

Oh mon Dieu !

J’étais actuellement sidérée d’avoir dit cela à voix haute et je couvrais ma bouche ouverte avec mes mains, rougissant et morte de honte. Albert semblait surpris aussi. Il avalait sa salive et demandait dubitatif, “Vous l’avez utilisé pour me chercher ? ”

“Oui…je l’ai fait” je murmurais, en essayant de garder un ton léger et décontracté mais je n’y arrivais pas.

Il y eu un moment de silence pendant qu’Albert me regardait comme si il essayait de lire en moi. J’avais envie de me cacher de lui et les battements de mon coeur menaçaient de briser ma cage thoracique. Puis à ma grande déception, il détourna brusquement les yeux et secoua la tête obstinément comme si il essayait de chasser quelque chose qu’il avait à l’esprit.

Que se passe-t-il ? A quoi Albert pense ?

Peu de temps après, avec détermination il se redressa, se tenant droit. Puis en me regardant, il parla d’un ton sec, impassible, “Bien, la famille de M. Jacobson m’attend et je ferais mieux d’y aller avant d’abuser de leur hospitalité.”

Je secouais la tête dans un signe de compréhension. Quand il se dirigea vers la porte, il s’arrêta de façon inattendue et me parla, “En passant, je vais rester à Chicago pendant un certain temps afin de préparer mon prochain voyage d’affaires, donc vous pouvez toujours passer au manoir pour me voir si vous avez besoin de quoi que ce soit. Si vous voulez, je peux demander à George de vous aider à trouver un meilleur endroit pour vivre, mais seulement si vous voulez bien sûr. Donc s’il vous plaît, faites nous part de votre préférence, d’accord ?”

En d’autres termes, non seulement je n’étais pas obligée de déménager dans le manoir, mais il m’offrait de trouver un nouvel endroit pour vivre. Apparemment, il ne s’attendait à ce que je change mon style de vie et il me laissait encore choisir ce que je voudrais faire.

“Est-ce que cela signifie que vous ne viendrez pas me rendre visite ?” Je me plaignais sans cacher ma déception.

Il m’expliquait de façon cordiale, “Je vais essayer, Candy, mais je ne peux pas le garantir car j’ai un horaire très chargé entre temps. Mais comme je l’ai dit, vous êtes invitée à venir quand vous le souhaitez et je ferai réserver la chambre que Tante Elroy avait préparée pour vous. N’hésitez pas à venir séjourner au Manoir brièvement ou pour une période plus longue. Cela dépend entièrement de vous, mais s’il vous plaît ne vous sentez pas obligée de nous rendre visite.”

Maintenant, j’étais encore plus perplexe. Que voulait-il dire avant, en disant que je devrais renoncer à beaucoup si je m’impliquais avec Sir William Ardlay ? Il avait également mentionné quelque chose à propos de ne pas vouloir me forcer dans une vie qui m’emprisonnerait. Je ne me vois pas abandonner quoi que ce soit du tout pour le moment.

Je devinais que je devais être épuisée car je ne comprenais pas vraiment où il voulait en venir. Je soupirais fortement et je disais à voix basse, “D’accord.”

Il me dévisagea un moment et s’aventura prudemment, “Voulez-vous venir à la maison avec moi, Candy ?”

Je lui répondais sur la défensive, “J’ai déjà dit non à la Grande Tante Elroy.”

Pendant une fraction de seconde, la déception traversa son visage, mais il se ressaisissa si vite que je pensais presque qu’il ne s’était rien passé du tout. Puis avec un sourire de compréhension il dit, “Vous savez quoi ? Elle m’a dit de vous informer que vous pouvez toujours changer d’avis. Mais de toute façon, prenez bien soin de vous, Candy, je vous verrai bientôt, d’accord ?”

Je lui retournais un petit sourire et je lui ouvrais la porte. Il agita mon dessin dans sa main et me parla enthousiaste, “Merci de me laisser garder ceci. Je l’aime beaucoup.”

Comme il se retournait et sortait, une vague de déception m’envahit comme si je pouvais imaginer combien il allait me manquer, me rappelant le vide qu’était ma vie sans lui à mes cotés. Alors je courais après lui en m’écriant, “Albert !”

Il descendait déjà les escaliers. Il s’arrêta et leva la tête vers moi, demandant inquiet, “Qu’il y a t-il, Candy ?”

La terrible crainte que la distance entre Albert et moi allait s’accroître avec le temps m’envahissait, mais ma voix semblait être morte dans ma gorge. Pendant un moment, j’ai pensé à renoncer. Je voulais lui dire que je voulais le suivre à la maison. Pourtant l’idée de vivre dans ce grand manoir comme la fille adoptive de Sir William me repoussait et m’aidait à reprimer mon envie. D’ailleurs je pouvais prévoir comment la Grande Tante Elroy ferait tout son possible en son pouvoir pour me séparer de son cher William et ferait de son mieux pour me faire rencontrer différents jeunes hommes. C’était probablement plus sûr de garder mes distances avec elle.

Comme je ne devais pas le faire attendre, je me forçais à briser ce silence embarrassant, “Albert, vous devez me promettre de ne pas travailler trop, d’accord ?”

Il me fit un sourire radieux et dit à voix haute, “Je vais essayer, Melle Candice !”

Je restais là où j’étais jusqu’à ce que je vois son visage disparaître de la porte d’entrée du bâtiment. Pour une raison quelconque, j’avais le sentiment que c’était la dernière fois que l’on se voyait dans cet immeuble.

(A suivre…)

Ça devait être de l’amour

Note de l’auteur :

Au départ, j’avais prévu de terminer cette histoire en deux chapitres, mais il s’avère que je ne voulais pas précipiter l’histoire. Toutefois, soyez assuré que cette histoire est censée être courte quand même !

La conversation entre Madame Elroy et Candy est totalement mon imagination, mais je crois fermement que Madame Elroy a dû vouloir faire quelque chose une fois qu’elle a su que Candy et Albert avaient vécu ensemble pendant une longue période.

Selon CCFS (Volume 2, page 239), Albert affiche le dessin enfantin de Candy dans son bureau alors que Candy garde le dessin du Docteur Martin dans sa boîte à bijoux. Je ne sais pas exactement quand ni comment Albert a découvert le dessin de Candy, mais j’ai juste emprunté cette idée dans cette histoire

Remarque :

[1] “Eternal Flame” par The Bangles (1988).

[2] Mes remerciements à l’un des fans dévoué d’Albert qui m’a donné cette idée.

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